Iphigénie en Tauride

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Argument

Le livret de Guillard est inspiré de l'Iphigénie en Tauride de Claude Guimond de La Touche, elle-même inspirée d'Euripide. C'est une tragédie austère, dépourvue d'amour, bien faite pour incarner l'idéal sévère de Gluck, celui de la tragédie grecque mise en musique. C'est Gluck lui-même qui, contrairement aux usages, limita à quatre le nombre des actes. Le résultat est un ouvrage extrêmement équilibré : une puissante « symphonie » - qui n'est pas une ouverture car elle fait déjà partie du premier acte - qui décrit (avec indications précises de la main du compositeur) une violente tempête, sorte de poème symphonique avant la lettre, et quatre actes de durée sensiblement égale pour un ensemble d'approximativement deux heures.

 

Acte I

La scène représente un bois sacré : au fond, le temple de Diane ; dans le lointain, la mer farouche.

La symphonie allegro moderato qui ouvre la partition met immédiatement le spectateur de plain-pied avec l'opéra, conformément aux conceptions de Gluck : quelques mesures solennelles piano, censées décrire une « tempête au loin », créent une atmosphère de gravité qui donne d'emblée le ton de l'ouvrage ; puis les altos et les basses, les hautbois entrent en scène pour montrer l'orage qui se rapproche et qui éclate enfin fortissimo au tutti (moins les petites flûtes) avant de redoubler de violence. Au milieu des rafales de la tempête s'élève le chant des prêtresses de Diane qui entonnent le chœur « Grands dieux soyez nous secourables ! »

Puis l'orage s'apaise brusquement tandis qu'Iphigénie entame le récitatif : « Le calme reparaît, mais au fond de mon cœur, Hélas ! l'orage habite encore. » L'agitation de l'orchestre figure cette agitation intérieure, selon un procédé très expressif qui sera repris au deuxième acte avec le récitatif d'Oreste : « Le calme rentre dans mon cœur ».Iphigénie évoque ensuite le cauchemar qu'elle a fait pendant la nuit (« Cette nuit j'ai revu le palais de mon père... ») : elle a vu son père Agamemnon assassiné par sa mèreClytemnestre, et s'est vue tuer son frère Oreste. Iphigénie chante alors une magnifique aria : « Ô toi qui prolongeas mes jours... », l'un des sommets de la partition, reprise par le chœur des prêtresses.

Paraît le roi des Scythes, Thoas, qui chante l'air célèbre et souvent imité : « De noirs pressentiments, mon âme intimidée... », dans lequel il explique que, depuis qu'un oracle lui a prédit qu'il serait tué par un étranger, toute personne abordant en Tauride doit être mise à mort. C'est en fait une déclamation sur une seule note, mais qui produit un effet extraordinaire, évoquant parfaitement la folie obsessionnelle du personnage. Les Scythes exécutent alors un chœur accompagné d'une danse barbare (« Il nous fallait du sang pour expier nos crimes... »), dont la couleur sombre et sauvage est superbement rendue par un rythme saccadé et une puissante orchestration avec cymbales, tambourins, triangle et petites flûtes.

On amène deux étrangers que la tempête a jetés sur le rivage (il s'agit d'Oreste et de Pylade). Ils refusent de répondre aux questions de Thoas qui les condamne à mort. L'acte se conclut sur la reprise de la danse des Scythes.

 

Acte II

Dans un appartement intérieur du temple destiné aux victimes

Oreste et Pylade sont enchaînés en attendant d'être mis à mort. Ils dialoguent dans un sombre récitatif, souligné par les hautbois et les bassons. Dans un air énergique, Oreste supplie les dieux de le tuer (« Dieux qui me poursuivez, dieux, auteurs de mes crimes... »).

Pylade proteste dans un splendide récitatif suivi d'une aria da capo : « Quel langage accablant pour un ami qui t'aime... Unis dès la plus tendre enfance... ». C'est un morceau d'une très grande noblesse de sentiments et d'expression, l'un des plus beaux airs de Gluck, admirablement souligné au basson.

On sépare les deux amis, et Oreste, après avoir supplié les dieux de l'écraser, s'apaise et chante l'aria : « Le calme rentre dans mon cœur » ; mais l'agitation de l'orchestre, sur un rythme syncopé, dément les paroles et souligne son trouble. Accablé, il s'endort. Surgissent alors les Euménides qui l'entourent et dansent autour de lui un ballet-pantomime terrifiant. À cinq reprises, elles répètent : « Il a tué sa mère », dans la lugubre tonalité de ré mineur. C'est une scène d'une très grande force dramatique, l'une des plus terrifiantes de Gluck.

Iphigénie entre, et Oreste, halluciné, la prend pour Clytemnestre. Ici, Guillard, à la demande expresse de Gluck, a supprimé la césure qui, dans la pièce de Guimond de La Touche, sépare la scène des Euménides à la fin de l'acte II et cette fausse reconnaissance au début de l'acte III : c'est ce qui explique que l'opéra, fait très inhabituel, ne compte que quatre actes. Le rapprochement des deux scènes produit un effet d'une immense intensité dramatique.

En réponse aux questions d'Iphigénie, Oreste rapporte l'épouvantable histoire des Atrides. Terrifiée, Iphigénie chante une grande aria da capo : « Ô malheureuse Iphigénie ! » dans laquelle elle pleure la perte de toute sa famille. Cet air est considéré comme le plus beau de tout l'opéra et l'un des chefs d'œuvre de Gluck.

Au lieu de terminer l'acte sur ce sommet musical, Gluck introduit la reprise d'un chœur de son Iphigénie en Aulide, « Que de grâce, que d'attraits ». Mais autant cet air est gai et entraînant dans la première Iphigénie autant dans la seconde, oscillant du majeur au mineur, il devient grave et solennel. La question de savoir s'il s'agit d'une simple facilité ou bien d'un véritable rappel de thème est ouverte.

 

Acte III

L'appartement d'Iphigénie

Musicalement, l'acte III est le moins intéressant de la partition. Il commence par un air d'Iphigénie (« D'une image, hélas ! trop chérie »), introduisant la scène dans laquelle elle s'entretient avec Oreste et Pylade et déclare qu'elle peut sauver l'un des deux. Les deux amis se disputent alors pour savoir lequel des deux va mourir pour sauver l'autre (duo: « Et tu prétends encore que tu m'aime »). En définitive, c'est Pylade qui doit partir, muni d'un message qu'Iphigénie destine à sa sœur Électre. Mais il décide de rester pour sauver Oreste : l'acte se conclut sur l'air par lequel il implore les dieux de lui porter assistance (« Divinité des grandes âmes »). L'enthousiasme qui le transporte laisse pressentir le dénouement heureux de la pièce.

 

Acte IV

L'intérieur du temple de Diane

Au moment de sacrifier Oreste, Iphigénie est prise entre son devoir et la répugnance qu'il lui inspire. Elle chante un air « Je t'implore et je tremble, ô déesse implacable ! » puis les prêtresses de Diane entonnent le chœur « Chaste fille de Latone », repris de Philémon et Baucis et dont la musique accompagne désormais un cantique dans la liturgie anglicane.

Au moment où elle va sacrifier Oreste, celui-ci dit : « Ainsi tu péris en Aulide, Iphigénie, ô ma sœur ! ». Simplement parlée à la faveur d'une interruption de la musique, cette phrase produit un grand effet dramatique avec une extrême économie de moyens. Iphigénie tombe dans les bras de son frère et chante sa joie.

Thoas, qui a eu vent de la fuite de Pylade, arrive pour s'assurer de l'exécution du sacrifice. Les prêtresses de Diane défendent Oreste. Pylade arrive à la tête d'une troupe de Grecs, met à mort Thoas et combat avec les Scythes. Diane apparaît qui pardonne à Oreste le meurtre de sa mère, l'invite à retourner à Mycènes pour y succéder à Agamemnon et enjoint aux Scythes de rendre aux Grecs sa statue, objet initial du voyage d'Oreste et Pylade. L'opéra se termine sur un chœur de liesse accompagné de trompettes et de timbales : « Les dieux, longtemps en courroux, ont accompli les oracles… ».

Programme et distribution

Iphigénie en Tauride Opéra en quatre actes (1779)

D'après Guymond de La Touche d'après Euripide

Musique : Christoph Willibald Gluck

Libretto : Nicolas-François Guillard

Chef d'orchestre : Thomas Hengelbrock Iñaki Encina Oyón - (2 octobre)

Mise en scène : Krzysztof Warlikowski

Scénographie : Małgorzata Szczęśniak

Conception des costumes : Małgorzata Szczęśniak

Conception des lumières : Felice Ross

Vidéo : Denis Guéguin

Chorégraphie : Claude Bardouil

Dramaturgie : Miron Hakenbeck

Chef de chœur : Alessandro Di Stefano

Orchestre et Chœurs de l'Opéra national de Paris

 

Opéra national de Paris - Palais Garnier

L'Opéra national de Paris est un établissement public industriel et commercial français créé en 1994, succédant aux institutions précédentes à la tête de l'Opéra de Paris, et placé sous la tutelle du ministère de la Culture. Il a pour mission de rendre accessible au plus grand nombre les œuvres du patrimoine lyrique et chorégraphique et de favoriser aussi la création et la représentation d'œuvres contemporaines. Il dispose à ce titre de deux salles : le palais Garnier (qui abrite le Ballet de l'Opéra national de Paris) et l'Opéra Bastille ainsi que d'un orchestre symphonique.

L'Opéra national de Paris contribue par ailleurs à la formation professionnelle et au perfectionnement des chanteurs et des danseurs, par son centre de formation d'art lyrique et par l'école de danse de Nanterre.

Enfin, le secteur animation et jeune public de l'opéra national de Paris élabore chaque saison un programme pédagogique.

L’Opéra national de Paris est dirigé par Nicolas Joel, Directeur, nommé par le ministre de la Culture pour un mandat de 6 ans (décret du 24 juillet 2009) renouvelable une fois pour une période de 3 ans1.

L'opéra national de Paris est membre de la ROF (Réunion des Opéras de France), de RESEO (Réseau européen pour la sensibilisation à l'opéra et à la danse) et d'Opera Europa.

 

L’Opéra Garnier, ou Palais Garnier, est un des édifices structurants du 9e arrondissement de Paris et du paysage de la capitale française. Situé à l'extrémité de l'avenue de l'Opéra, près de la station de métro du même nom, l'édifice s'impose comme un monument particulièrement représentatif de l'architecture éclectique et du style historiciste de la seconde moitié du XIXe siècle et s'inscrit dans la continuité des transformations de Paris menées à bien par Napoléon III et le préfet Haussmann.

Cette construction a longtemps été appelée l'« Opéra de Paris », mais depuis l'ouverture de l'Opéra Bastille en 1989, on la désigne par le seul nom de son auteur : Charles Garnier. Les deux sites sont aujourd'hui regroupés au sein de l'établissement public, industriel et commercial de l'« Opéra de Paris ».

Le Palais Garnier fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 16 octobre 19231.

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